Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 10. Le petit fromage

Le petit fromage

Sur les flancs du mont Pilate, Jacques, un pauvre garçon d’une douzaine d’années, gardait les chèvres d’un riche voisin. Il avait très bon appétit, comme les enſants en général, et son maître ne lui donnait qu’un morceau de pain pour toute la journée. Ordinairement, le pain était déjà mangé avant midi, et parfois Jacques, quand il ne trouvait pas quelques baies pour calmer les tiraillements de son estomac, pleurait de faim. 

Un jour, un gnome lui fit cadeau d’un petit fromage, mais il lui ordonna en même temps de ne jamais le manger entièrement. Quel bonheur ! Jacques ne fut plus tourmenté par la faim, car, chose merveilleuse, le petit morceau qui restait quand le garçon s’était rassasié, se mettait à grandir, à augmenter jusqu’au volume que le fromage avait eu d’abord. 

Or, une fois, le petit Jacques étant extraordinairement affamé, il oublia l’ordre du gnome et mangea tout jusqu’à la dernière miette. Alors, naturellement, le fromage ne put plus recroître et, dès ce jour, l’après-midi, le malheureux Jacques dut bien souvent encore souffrir de la faim.  On dit même que tous les petits garçons et toutes les petites filles qui gardent les troupeaux dans les champs, ont toujours beaucoup de plaisir à aller à la maraude, à dépouiller les arbres fruitiers de leurs voisins ou à faire rôtir des pommes de terre sous la cendre.

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 9. Le secret de la fabrication du fromage

Le secret de la fabrication du fromage

Autrefois, les cavernes des montagnes de la Suisse, le Jura aussi bien que les Alpes, étaient habitées par tout un peuple de nains et de gnomes. Ces petits êtres étaient bienveillants pour les hommes et leur étaient secourables dans bien des occasions. Ils se contentaient des moindres signes de reconnaissance, d’un peu de lait, de quelques fruits. Mais quand les hommes se montraient indiscrets ou ingrats, les gnomes quittaient la contrée ; parfois même ils se vengeaient. On raconte qu’ils avaient des pieds d’oie. Un meunier, à qui ils avaient rendu de grands services, voulut s’en assurer et répandit de la farine sur le plancher. Les gnomes, se voyant trahis, partirent, au grand chagrin de l’homme trop curieux.

C’est aussi par un gnome que les pâtres d’Uri apprirent à fabriquer, le fromage doux.  Jusque vers l’an mille on préparait le fromage seulement avec du lait caillé aigre, et il avait naturellement un goût fort et aigre, qui ne plaisait pas à tout le monde.

Or, un pâtre vivait en très bonne intelligence avec un gnome à qui il donnait souvent de petits cadeaux.  Une fois, le berger devait porter du beurre dans la vallée, et comme c’était justement la fête de son village, il aurait bien aimé à y rester un jour.

Le gnome, à qui il fit part de son désir, dit : « Eh bien! parce que tu es toujours bon avec moi et avec ton bétail, je garderai ton troupeau au jour et je ferai le fromage.  Et tu verras ce que je sais faire, moi! » 

Deux jours après, en revenant, le pâtre trouva tout en parfait ordre et le fromage que le nain avait fait était plus grand que celui que le berger fabriquait chaque jour.  Et quand il le goûta, ce fut encore une autre surprise !  Quelle saveur agréable, quelle pâte fine !  Un vrai régal!

— Comment as-tu fait ? demanda le pâtre : mais le gnome ne voulut pas dire son secret.  Pendant une quinzaine, le pâtre répéta chaque jour sa question : le nain persistait dans son mutisme.

Puis le pâtre laissa s’écouler une nouvelle quinzaine sans insister davantage : mais un soir, il dit à son petit ami :

— Maintenant, je sais aussi faire le fromage doux!

— Je n’ai pourtant pas vu, répondit vivement le gnome, que tu aies employé l’estomac d’un veau ou d’une chèvre. 

— Oui, oui, répliqua le pâtre restant impassible, je sais faire le fromage doux, maintenant. 

Le lendemain, le pâtre, ayant tué une jeune chèvre, mit dans le lait qu’il venait de traire un morceau de l’estomac de l’animal, et il vit le lait se cailler ou trancher immédiatement : l’emploi de la présure était trouvé. 

Ce fut un immense changement dans la fabrication du fromage, et dès lors le fromage suisse est plus apprécié qu’aucun autre. 

Plus tard, par quelques paroles imprudentes du pâtre, le gnome comprit qu’il s’était laissé duper et il ne revint plus jamais dans le chalet où il avait amené la prospérité.

Longfellow’s Poems of Places – France, Normandie

“My Normandy” by Frédéric Bérat (1801–1855)

“My Normandy” are, in fact, the lyrics of a song. You may read about the background of the song and compare its French & English versions here. Listen to song in French here.

“Apology for Cider” by Oliver Basselin (c. 1400–c. 1450)

“Apology for Cider” is a drinking song, actually composed by Jean Le Houx (1550-1616, see more of his poems below). You may read here the original French text with an alternate English translation.

Caen

“Burial of William the Conqueror” by Felicia Hemans (1793-1835)

William the Conquerer died in 1087 and was buried in the Abbey of Saint-Étienne. You may read a nearly contemporary description of burial and tomb by Orderic Vitalis (1075-ca. 1142). See also the poem, “The Curfew,” below.

Caudebac

“Written at Caudebec in Normandy” by Arthur Henry Hallam (1811-1833)

Hallum was a friend of Tennyson and a jeune homme fatal. Learn more about Caudebec and the Seine at the Musee de la Seine in Caudebec-en-Caux.

Dieppe

“At Dieppe” by William Wetmore Story (1819-1895)

Story was a sculptor. Among his works, appreciate the sculpture he created for the tomb of his wife in Rome, Angel of Grief. J. M. W. Turner painted the Harbor at Dieppe in the 1820s. Dieppe later became known for Canadian landings in 1942.

Harfleur

“Henry the Fifth before Harfleur” by William Shakespeare (1564–1616).

From the play, Henry V. Compare monologues. Whose moves you most? Laurence Olivier? Richard Burton? Kenneth Brannagh? Or Tom Hiddleston?

Ivry-la-Bataille

“Ivry, or the War of the League” by Thomas Babington Macaulay (1800–1859).

The Battle of Ivry took place on 14 March 1590 during the French Wars of Religion, between Catholics and Huguenots. You may listen to the poem here.

Mesnil-sous-Jumiéges

“Agnes Sorel” by Jean Antoine de Baïf (1532–1589).

Agnes Sorel (1422-1450) was mistress of King Charles VII of France and model for the Blessed Virgin in this painting by Jean Fouquet. You may read the poem in its original French, “Du Menil la belle Agnès Sorel.”

Rouen

“The Curfew” by Anonymous.

This anonymous poem tells of the death of William the Conquerer. See “The Burial of William the Conquerer,” above.

“The Lay of Talbot, the Troubadour” by William Lisle Bowles (1762–1850).

This poem tells a story about King Richard I of England, le quor de lion, his kidnapped daughter (not attested historically, also referred to in the poem as his ward; William the Longsword also appears, but this historical figure lived the previous century), and a young knight, William Talbot, who rescues her. The poem begins in Rouen, but proceeds to the impressive Château Gaillard. You can listen to authentic Troubadour music from the Court of King Richard.

“Place de la Pucelle” by Maria Lowell (1821–1853).

The Pucelle is Jeanne d’Arc, and the Place de la Pucelle is the site of her execution in Rouen.

“Written at Rouen” by Thomas Kibble Hervey (1804–1859).

“Written at Rouen” refers to Richard the Lionheart, whose heart was buried in Rouen Cathedral (and recently subjected to scientific analysis).

Vire

The drinking songs of the Vire River Valley, the Vau de Vire, are the point of origin for the development of Vaudeville, whose name Vau de Ville is a corruption of Vau de Vire.

“Vau de Vire” by Jean le Houx (1551–1616).

You may read the poem in its original French alongside the English translation.

“Vaudeville” by Jean le Houx (1551–1616).

You may read the poem in its original French alongside the English translation.

“Vire” by Gustave Le Vavasseur (1819–1896).

Read the original French poem, “Vire et les Virois.”

“Oliver Basselin” by Henry Wadsworth Longfellow (1807–1882).

Oliver Basselin, to whom Longfellow wrongly attributes the “Apology for Cider,” above, is the subject of this poem by Longfellow.

Yvetot

“The King of Yvetot” by Pierre-Jean de Béranger (1780–1857).

Pierre-Jean de Béranger was a chansonnier, or poet-songwriter, in France in the first half of the 19th century. An intriguing figure, you can read his memoirs. You may listen to the song and follow along with the words in French (and here are the French and English translation together).