Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 7. Les cadeaux du gnome

Les cadeaux du gnome

Dans la vallée de Joux vivait un riche meunier, dont la femme était malade depuis longtemps. lls n’avaient qu’un fils. Malheureusement le meunier était avare et dur. Dans les nombreuses cavernes de ces contrées demeuraient alors beaucoup de gnomes. Or, une fois, par un temps de disette, un gnome se présenta à la porte du moulin, demandant un peu de farine. Le meunier renvoya le nain en le menaçant de coups ; mais son fils en eut pitié ; il alla en cachette remplir de la plus fine farine le sac de la petite créature. 

Au printemps, le petit garçon gardait le troupeau de son père, dans un pâturage à une certaine distance du moulin. Soudain, le gnome se présenta | devant lui, l’invitant à le suivre pour assister à une fête de son peuple. 

Par le creux d’un arbre, ils entrèrent dans une caverne qui allait en s’élargissant. Enfin, ils arrivèrent dans une vaste plaine plantée de magnifiques arbres fruitiers. Un grand nombre de gnomes y étaient assemblés, s’amusant à toutes sortes de jeux et se régalant de toutes sortes de bonnes choses. 

Peu à peu tous les gnomes partirent, et le garçon se vit seul avec son ancienne connaissance. 

Le gnome cueillit à un arbre une magnifique pomme. 

— Tu l’apporteras à ta mère en lui recommandant de la manger tout de suite, dit-il, et voilà une noix pour ton père : la farine que tu m’as donnée lui appartenait. 

Puis il ajouta en détachant de son cou un collier de perles :

— Et voici un petit souvenir pour toi. Mais quand tu seras revenu à la lumière du jour , repose-toi d’abord, tu as fait un plus grand voyage que tu ne penses.

En effet, en sortant de l’arbre creux, le petit garçon se sentit bien fatigué; il dormit assez longtemps. En arrivant à la maison, il trouva ses parents dans une grande inquiétude : son troupeau était arrivé seul à la maison et il était resté absent pendant sept jours. 

Il distribua les cadeaux du gnome. La mère, après avoir mangé la pomme, se sentit guérie, et le père, en ouvrant sa noix, y trouva une belle pierre précieuse .

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 6. Origine du Ranz des Vaches

Origine du Ranz des Vaches

André, le pâtre de la Bahlisalp dans le Hasli, venait de traire ses vaches et de les reconduire dans le gras pâturage qui entourait son chalet. Il voulait les laisser dehors pendant la nuit, car tout promettait le temps le plus beau : pas un nuage ne se montrait au ciel. Quand le soleil eut disparu derrière le massif du Finsteraarhorn, André, selon son habitude, prit un seau vide et le tenant devant sa bouche, il fit entendre une pieuse prière, l’Alpensegen (la bénédiction de l’Alpe), puis il souhaita la bonne nuit à son voisin Jean – qui demeurait de l’autre côté de la profonde vallée, à la Seealpe. Comme il savait que la sœur de Jean , la jolie Rosette, s’y trouvait justement, il lui envoya aussi un joyeux salut. 

Sur ces entrefaites, l’obscurité transparente d’une nuit d’été était descendue sur la terre, et André, après avoir bu quelques gorgées d’un lait savoureux, monta sous le toit du chalet où le foin à l’odeur saine et aromatique lui offrait une tendre couche. 

Ses yeux se fermèrent bientôt, mais pas pour longtemps. Il fut éveillé par le grincement de la porte et le pétillement d’un feu qui, à sa grande surprise, flamboyait gaîment sur l’âtre. Il se redressa, et, stupéfait, il aperçut trois compagnons étrangers occupés à mettre la chaudière sur le feu, comme s’ils avaient l’intention de faire du fromage. 

Il allait crier : « Qu’est-ce que vous faites-là ? » Mais en regardant les trois hommes de plus près, il crut plus prudent de garder le silence et de se contenter de les observer. 

Un des compagnons, un véritable géant, arrangeait la chaudière : le second, jeune homme dont le visage d’une pâleur extraordinaire, était encadré par une belle chevelure dorée, apportait le lait qu’il allait chercher dans la chambre à côté, seau par seau. Le troisième, tout de vert habillé, comme un chasseur, était assis près du feu qu’il regardait d’un œil fixe et sombre ; de temps en temps, il y mettait quelques bûches de bois. 

Voyant tout cela, André fut pris d’une telle frayeur qu’il n’aurait pu proférer un mot. 

Lorsque la chaudière fut remplie, le chasseur sortit un petit flacon de sa gibecière et versa dans le lait quelques gouttes d’un liquide rouge. Alors le géant, au moyen d’une grande cuillère, se mit à brasser le contenu de la chaudière. Le jeune homme pâle saisit un long cor et se dirigea vers la porte du chalet. Celle-ci s’ouvrit toute seule et il alla se poster sur la terrasse devant le chalet. Alors André entendit un chant tel qu’il n’en avait jamais entendu. C’étaient d’abord des sons soutenus, graves, mélancoliques qui, se modulant insensiblement, se transformèrent en une mélodie vive, alerte, éclatante, un chant d’allégresse, pour se changer de nouveau en un air lent et saisissant dont les notes mourantes furent répétées doucement par l’écho lointain. 

André remarqua que tout son troupeau, attiré par les sons merveilleux, s’approchait du chalet et que la sonnerie des clochettes s’harmonisait admirablement à la mélodie étrange qui remplissait son cœur de ravissement et qui pourtant le faisait pleurer. 

Puis, le jeune homme pâle, saisissant son cor, fit retentir la même mélodie, mais plus grave et plus lente qu’auparavant. Alors tout sembla s’animer dans les montagnes et les abîmes d’alentour. On aurait dit que, dans les bois et dans les rochers, des esprits répétaient les accords, tandis que des chœurs d’anges les chantaient doucement dans les airs. 

Enfin, le chanteur rentra.

Le géant avait fini son ouvrage. Il enleva le petit lait et le versa dans trois seaux que le chasseur avait préparés. Mais, chose étrange ! dans le premier seau, le liquide était rouge comme du sang ; dans le deuxième, vert comme de l’herbe, et dans le troisième, blanc comme la neige fraîchement tombée. 

Avant qu’André eût le temps de réfléchir, il entendit la voix formidable du géant : — Homme ! descends maintenant ! Tu vas choisir un don. 

Ces paroles remplirent d’effroi le pauvre pâtre ; il tremblait comme la feuille. Mais le jeune homme pâle lui fit aussi signe de descendre, en accompagnant son invitation d’un sourire. André reprit un peu de courage et obéit. Le géant reprit la parole et d’une voix qui retentissait comme le cor de bataille des anciens Suisses, il dit :  

— Regarde : tu dois boire dans un de ces seaux, mais je te conseille de bien réfléchir. Ce seau rouge contient mon don. Si tu y bois, tu auras la force et le courage d’un géant. Personne ne pourra te résister sur la terre. De plus, je te donnerai encore cent belles vaches rouges qui paîtront ici dès demain matin. Allons, bois, petit homme ! 

— Bois dans le seau vert ! dit ensuite le chasseur, et je t’offrirai des écus blancs et des pièces d’or étincelantes. Ecoute un peu leur son réjouissant ! 

Et il mit devant les pieds du pâtre un gros tas de pièces d’or et d’argent. Etonné, celui-ci regardait ces trésors immenses.

Pendant ce temps, le jeune homme pâle était tranquillement resté appuyé sur son cor ; enfin il dit d’une voix douce et agréable :

— Si tu bois dans le seau blanc, tu sauras chanter et jouer du cor des Alpes, exactement comme tu m’as entendu chanter et jouer.

Sans réfléchir davantage, André s’écria :

— Eh bien ! je renonce à la force surhumaine et au trésor d’or ; je choisis ton chant et ton cor et je boirai dans le seau blanc !

En disant ces mots, il saisit le vase et se mit à boire ; c’était du lait délicieux.

— Tu as bien choisi, dit l’homme pâle. Si tu avais choisi autrement, c’eût été ta mort, et bien des siècles se seraient écoulés avant que j’eusse de nouveau pu offrir mes dons aux humains ! Prends ce cor, et demain tu pourras chanter et jouer comme moi. »  

Puis, les trois compagnons disparurent, le feu s’éteignit, et André se sentit emporté par des mains invisibles. A peine étendu sur sa couche de foin, il ferma les yeux et tomba dans un profond sommeil. 

Le lendemain, en s’éveillant, il trouva à côté de lui le cor des Alpes, et ce qui lui avait été dit se réalisa. 

André salua le matin qui se levait, des sons graves et lents du cor et de la mélodie du ranz des vaches, et il lança jusqu’à l’autre flanc de la vallée ses roulements joyeux. 

Et les sombres bois de sapins et les hautes parois de rochers répétaient son chant. Et bientôt André entendit que la fraîche voix de Rosette s’était aussi jointe à ce concert général. 

Dès lors, la mélodie du ranz des vaches s’est transmise de génération en génération.

See also, “Ranz des Vaches” (in English, here in Patois and French) and listen to it here.

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 5. Les mineurs

Les mineurs

Une lieue au-dessus d’Amsteg, entre les petits villages d’Intschi et de Drachenthal, à l’endroit où la Reuss commence à couler dans une vallée large, on voit, des deux côtés, les flancs des montagnes couverts de décombres et de rochers ; çà et là seulement, un buisson ou un arbre isolé croît au milieu des pierres. Au siècle passé, il y avait là deux mines d’or. Quelques habitants de la contrée les avaient découvertes et les exploitaient avec grand succès. Mais la grande quantité d’or qu’ils en retiraient tourna à leur malheur. Ils commencèrent à mener une vie de désordre, et tout ce qu’ils avaient gagné pendant la semaine était dissipé le dimanche. 

Une fois, ils firent une trouvaille particulièrement riche. Alors ils se rendirent à l’auberge à Amsteg, au milieu de la semaine, et, quoiqu’il fît grand jour, ils fermèrent les volets et allumèrent des bougies. 

— Nous autres mineurs, disaient-ils, nous n’avons pas besoin que Dieu nous éclaire. 

Et ils se mirent à manger, à boire et à jouer. 

Quelques jours après, ils retournèrent à leur travail. Mais alors la montagne s’ébranla, les mines s’écroulèrent et les mineurs furent ensevelis sous les décombres. Ainsi, ils n’avaient plus besoin de la lumière du bon Dieu.  

Dès lors, les mines n’ont plus été exploitées ; les paysans craignent de chercher de l’or.

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 4. La comtesse qui n’était contente de rien

La comtesse qui n’était contente de rien

A Falkenstein, un des plus magnifiques châteaux des Grisons, vivait une fois une jeune comtesse. Ses chambres étaient meublées avec le plus grand luxe et elle dormait dans un lit de soie. Le matin, en s’éveillant, elle n’avait qu’à faire tinter une sonnette d’argent, alors venait une femme de chambre qui lui mettait des souliers de soie blancs, une robe de soie bleue et un manteau de velours rouge. D’habitude, elle portait même une couronne d’or. 

Un matin qu’un valet apportait le chocolat de la petite comtesse, celle-ci dit : « Je ne veux pas de chocolat, je veux du café. »

Quelques instants après parut un nègre avec des pantalons bouffants et une magnifique ceinture. Il apportait le café. 

— Je ne veux pas de café ! s’écria la comtesse ; je veux du thé ! 

La porte s’ouvrit et un petit Chinois avec une longue tresse se montra apportant un superbe service à thé en fine porcelaine. Et la comtesse daigna prendre quelques gorgées du breuvage aromatique. 

Puis, elle manifesta son désir d’aller faire une promenade en voiture ; mais quand on vint dire que la voiture bleue avec six chevaux blancs était prête, elle s’écria d’une voix de mauvaise humeur : « Je ne veux ni la voiture bleue, ni les chevaux blancs. Je veux la voiture jaune et quatre chevaux noirs ! » 

Il était midi quand la comtesse revint de sa promenade. N’ayant pas beaucoup mangé à déjeûner, elle avait même un peu d’appétit. Mais dès qu’elle vit qu’on lui servait du bouillon, elle dit : « Non, je ne veux pas de bouillon, je veux une julienne ! » Un cuisinier, coiffé d’un bonnet blanc, apporta de la julienne, mais alors la comtesse cria : « Je ne veux pas de cette julienne : je veux de la soupe au lait ! » 

Elle mangea quelques cuillères de la soupe au lait ; mais quant à la viande , elle changea quatre fois d’opinion avant de manger trois ou quatre bouchées d’une petite et délicate truite qu’on trouve dans les ruisseaux des Alpes grisonnes. 

Toute l’après-midi et toute la soirée, des scènes semblables se répétèrent ; les nombreux domestiques qui se trouvaient au château ne suffisaient pas pour satisfaire les caprices de la petite comtesse. » 

Encore au moment de se coucher, elle fit une nouvelle scène ; elle voulait absolument garder sur la tête la couronne qu’elle avait portée pendant le jour.

Le lendemain matin, en s’éveillant, elle se trouva, couchée sur de la paille et recouverte d’une vieille couverture de laine, dans une misérable cabane, au bord d’un petit lac entouré de montagnes sauvages. Elle cria : « Je ne veux pas de paille, ni de couverture de laine ; je veux un lit de soie ! » 

Mais personne ne répondit à ses cris, et il n’y avait pas de sonnette d’argent pour appeler la femme de chambre. Pendant plus d’ une heure, elle continua à appeler, à crier, à pleurer. Enfin un vieux pêcheur parut. Elle lui répéta : « Je ne veux pas de paille ni de couverture de laine : je veux un lit de soie ! » 

Il lui répondit : « Tu pourras attendre longtemps ! » et il lui tendit une vieille robe en étoffe grossière. 

— Je ne veux pas cette vieille robe : je veux une couronne d’or, des souliers de soie blancs et une robe de soie bleue. » 

— Eh bien ! Tu pourras attendre longtemps ! répondit l’homme, et il lui dit qu’il lui apporterait · de la soupe au pain quand elle se serait habillée. 

— Je ne veux pas de soupe au pain ! cria-t elle : je veux du chocolat ! 

— Dans ce cas, tu pourras attendre bien, bien longtemps ! fut la réponse. 

Elle se décida à s’habiller et à manger un peu de soupe au pain. Puis le vieux pêcheur lui dit : « Maintenant il faut venir aux champs travailler ! » 

— Moi ! travailler ! cria-t-elle exaspérée. Je veux aller faire une promenade dans ma voiture bleue attelée de six chevaux blancs ! 

— Hélas ! tu pourras attendre bien longtemps, bien longtemps ! répondit le pêcheur tranquillement. Il fallait se soumettre. La pauvre petite comtesse dut arracher des mauvaises herbes jusqu’à midi. Elle revint à la cabane, harassée et affamée. Pour son dîner, on lui servit des pommes de terre, et rien autre. Il est vrai qu’elle dit : « Je ne veux pas de pommes de terre sans beurre ! » — mais elle dit ces mots d’une voix tellement basse que le vieux pêcheur ne les entendit pas, et, d’ailleurs, elle se mit à manger les pommes de terre sans beurre. 

L’après-midi il fallut de nouveau aller travailler aux champs, et pour le souper, on lui servit du poisson bouilli. Elle pensa : « Je ne veux pas du poisson bouilli, je veux du poisson frit ! » — mais elle ne dit rien et mangea tranquillement ce qu’on lui donna. 

Le lendemain et le surlendemain ressemblèrent à ce jour, ainsi que les autres jours de la semaine et les jours de quatre longues semaines. 

Ah ! si vous aviez vu comme la petite comtesse était devenue sage et obéissante !… 

Le dimanche matin, au bout des quatre semaines, elle se réveilla… dans son lit de soie ; elle sonna et la femme de chambre vint aussitôt et lui mit ses beaux souliers et sa belle robe. Et quand le valet de chambre apporta le chocolat, elle lui dit : « Merci ! » et elle s’en régala bien.

Dès lors, on ne l’a plus jamais entendu dire : « Je ne veux pas ceci : je veux ça ! »

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 3. La beurrée de la veuve

La beurrée de la veuve

En aval de Sins, aux bords de la Reuss, s’élevait autrefois le château de Russegg dont il reste à peine quelques pans de murs.  En 1480, le châtelain se nommait Albin de Silinen ; c’était un seigneur vaillant et bon.

Beaucoup de fermiers des alentours étaient tributaires du château ; les uns devaient payer, chaque année, une certaine somme ; les autres, fournir certains produits de leurs champs ou de leur bétail. La ferme de Wiesthal était aussi dans ce cas. Il y demeurait alors une veuve avec sept enfants ! C’était une femme active et honnête. Mais une épouvantable grèle ayant détruit toutes les récoltes, la brave femme se vit dans l’impossibilité de s’acquitter de ce qu’elle devait. 

Accompagnée de deux de ses enfants, elle se rendit au château et demanda au seigneur de lui remettre, pour cette année, le paiement des droits, ou, du moins, de lui accorder un délai. Celui-ci la reçut avec bienveillance, la rassura et lui fit servir du lait et du pain. Puis, après être allé dans la chambre à côté, il revint et, posant une feuille de parchemin sur le pain de la veuve, il dit : 

— A de braves gens tels que vous, on donne un peu de beurre sur le pain ! Dans le parchemin, il était dit que la ferme de Wiesthal n’aurait plus de redevance à payer. Il n’est pas étonnant que le peuple n’ait pas oublié le nom du bon seigneur Albin de Silinen.

Learn more about the Reuss and Zwing Uri Castle (possibly the castle mentioned here).

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 2. Le servant récompensé

Le servant récompensé

Dans le Simmenthal, un jeune homme avait hérité de son père un petit moulin : mais comme il n’était ni très actif ni très intelligent, ses affaires ne prospéraient pas. Tantôt il travaillait aux champs, tantôt il allait à la journée, et, pendant ce temps, il négligeait son moulin. D’ailleurs, il y régnait un grand désordre. Un soir, en revenant, il trouva tout balayé, tout à sa place. Comme il n’avait pas de voisin, il ne savait pas qui remercier de cette aide. Le fait se répétait ; le samedi surtout était toujours le jour d’un grand nettoyage.

Le jeune homme, pour tirer la chose au clair, se cacha enfin dans une armoire, et, à son grand étonnement, il vit une planche se soulever ; un petit homme, un servant, se montra, et après avoir regardé autour de lui, se mit activement à nettoyer et à arranger. Après avoir fini son ouvrage, il fit plusieurs fois le tour du moulin en gambadant, mais tout à coup, il s’arrèta, et, d’un air tout triste, contemplant son costume, il dit : 

— Mes vêtements sont pourtant tout en guenilles ! 

En effet, ses petits pantalons et sa jaquette étaient bien vieux, bien déchirés : de plus, il était au-pieds.

Pour le samedi suivant, le meunier fit faire un petit costume pour le gnome ; il lui acheta aussi un bonnet pointu et une paire de souliers.

Le servant, voyant le cadeau qui lui était destiné fit un saut de joie et changea tout de suite d’habit.  Puis il dit: 

— Je ne balayerai plus ! Un homme comme moi peut aller à la danse !

Et sans faire son travail habituel, il disparut et ne revint plus jamais.

Explore the Simmenthal.

Contes et légendes de la Suisse racontés aux enfants – 1. L’Arbre de Noël

L’Arbre de Noël

— Petit Jean, va dans la forêt chercher du bois mort : nous n’avons plus rien pour nous chauffer ce soir ! 

Petit Jean demeurait, avec sa mère, dans une hutte isolée, au milieu des bois. En fils obéissant, il se rendit dans la forêt : mais il fallait longtemps pour ramasser un joli fagot : une neige profonde couvrait tout. C’était vers la fin du mois de décembre ; les jours étaient bien courts ; aussi, la nuit tomba avant que petit Jean crût avoir ramassé assez de bois. Comme l’obscurité augmentait, le petit garçon voulut prendre le chemin du retour, mais il ne reconnaissait plus la contrée. Alors, tout au haut d’une colline, il aperçut des lumières qui paraissaient bouger. 

— Il y a là des hommes, pensa-t-il, et il se mit en route dans la direction des lumières.

Arrivé au sommet de la colline, petit Jean fut bien surpris : les lumières étaient portées par de tout petits hommes à longues barbes. Il y avait là un grand, beau sapin isolé, dont les branches pendaient jusqu’à terre, et les petits hommes, au moyen d’échelles dorées, se mirent à grimper sur cet arbre. D’abord un peu effrayé à la vue de ces petites créatures, Jean se rassura pourtant, pensant que ce devaient être les gnomes dont sa mère lui avait quelquefois parlé. Il posa son fagot et se cacha derrière . 

Tout au haut de l’arbre se tenait celui qui paraissait être le chef, le roi de la petite armée. Son haut bonnet était entouré d’un cercle d’or où brillaient toutes sortes de pierres précieuses. D’un air grave, il donnait des ordres et tout ce petit monde obéissait immédiatement.

Quelques-uns des nains apportaient des pommes rouges et des noix argentées ; d’autres avaient bien de la peine à traîner des bonbons, des étoiles, des bougies, qu’ils fixaient aux branches du sapin. Ils prenaient bien garde de ne pas faire tomber la neige qui couvrait les rameaux de l’arbre, ni de casser les glaçons qui y étaient suspendus.

Au bout de quelque temps, le roi des gnomes, à force d’avoir donné des ordres, se sentit fatigué ; ses yeux se fermèrent et sa tête se balançait de droite à gauche, et de gauche à droite. A peine quelques-uns d’entre les plus jeunes des gnomes s’aperçurent-ils du manque de surveillance que, laissant là leur ouvrage, ils se mirent à s’amuser. Les uns dansaient une ronde autour de l’arbre ; d’autres croquaient des noix ou se lançaient des boules de neige. Malheureusement une de ces boules atteignit le nez d’un gnome qui était justement occupé à attacher une grosse orange ; le pauvre nain, sans se faire grand mal, roula de branche en branche et s’enfonça enfin dans la neige sous l’arbre ; mais en tombant il poussa un grand cri, et le roi se réveilla. Immédiatement tout le monde se remit à l’ouvrage et bientôt tout fut achevé à la satisfaction de tous. L’arbre était resplendissant.

Le roi saisit alors la corde d’une cloche suspendue tout à la cime du sapin et des sons argentins retentirent dans tout le bois. 

Comme des papillons voltigeant autour d’une lampe, il arriva alors de tous côtés de véritables essaims de sylphides et d’elfes, et petit Jean crut entendre une belle mélodie :

Du ciel, un Sauveur est descendu.

Transporté de joie, petit Jean bouge derrière son fagot, il se redresse… et tout disparaît… Le grand sapin n’a comme seul ornement que la neige qui couvre ses branches… Plus d’autres lumières que les étoiles qui scintillent au ciel… Pourtant là-bas, au fond de la vallée, ne dirait-on pas une lumière qui se meut ?… Petit Jean, chargeant le fagot sur ses épaules, descend en courant et se trouve bientôt dans les bras de sa mère qui, inquiète de cette longue absence, a pris une lanterne et est venue à sa recherche.

Quel bonheur de rentrer à la maison ! Mais à peine petit Jean a-t-il franchi le seuil de leur demeure qu’il entend retentir un son argentin comme celui de la cloche qu’il a entendu au bois. Il ouvre la porte de la chambre et s’arrête stupéfait, ravi : devant lui se dresse un beau sapin tout chargé de lumières, de pommes rouges, de noix argentées!… 

Petit Jean a toujours cru que les gnomes, sachant qu’il était un brave petit garçon, lui avaient apporté son arbre de Noël. D’ailleurs, n’avait-il pas vu, en entrant, qu’une fenêtre était entr’ouverte ?

Geography of France – Pinchon’s Bretagne

Pinchon’s illustrated map of Brittany offers many paths of enrichment and exploration.

1. Learn more about breton pardons, or pilgrimages on a fixed date and to a fixed place comprising a mass and a procession.  The French wikipedia article is informative and includes many paintings and prints, including a slideshow at its bottom.  Both sites are in French, but Chrome’s in-browser translation tool renders that less of an obstacle.

Anatole LeBraz, breton folklorist and poet wrote a book, Au pays des pardons, about the practice.

2. Listen to breton music.  You will hear the binou and the bombarde in this video.

3. Explore the seven Calvaries of Bretagne, outdoor, monumental stone sculptures of Christ’s nativity and passion.

5. Learn how to make a savory galette breton and what makes it not a crepe.

6. Learn about the butter from Ille-et-Vilaine.

9. Read this account of the Ransom of Bertrand du Guesclin (d. 1380) by 14th century historian Froissart. A modern account of his life in French. And in English (free to borrow with registration).

Select according to your taste and time and language from among several videos about Bertrand du Guesclin on Youtube.

12. Peruse the table of contents of The Genius of Christianity by Francois-Rene de Chateaubriand, born in St-Malo.

Or of his Memories from Beyond the Grave.

15. Learn about Becassine (Pinchon’s own creation). See if you can get your hands on the 2018 live action movie.

18. Peruse this long list of megalithic sites in Morbihan. You may find videos about some of them (another and another).

21. Learn about the salt of Guerande.

Geography of France – Pinchon’s Normandie

Pinchon’s illustrated map of Normandy offers many paths of enrichment and exploration.

3. A couple of steps beyond cider, learn about how Calvados is made and see some views of Normandy, its countryside, and its food in this promotional video for a Calvados distiller.

5. Research what a caloge is.  The best I can find is a description and multiple references in the Souvenirs of the valet de chambre of Guy de Maupassant (from Normandy).

8. Explore Rouen Cathedral through Monet’s series of paintings of the facade.

9. Learn about the 17th-century French playwright Pierre Corneille, of such literary and philosophical import that the Ayn Rand Institute has published this analysis of his play Le Cid.

Enjoy this radio production of his play, Polyeukte, about an Armenian martyr. Follow along with the text. Or the translation into English. Learn more about Corneille at the French Youtube channel, Eclair brut, which has several videos about Corneille. Or listen to this radio show on Corneille from Europe 1.

13. Read the poem “Le roi d’Yvetot” by Pierre-Jean de Beranger.  Then listen to the song.

15. Explore the Chateau Gaillard at Les Andelys, here reconstructed.

16. Watch or listen to some or all of the operetta, Les cloches de Corneville by Planquette. Listen here with the score or watch this production.

17. Take your pick of recipes for Tripe a la mode de Caen.

18. Visit this Fromagerie that produces Livarot and Pont-L’Eveque.

19. Learn about the andouilles of Vire.

21. Look at a small slideshow of Alencon lace from The Museum of Fine Arts and of Lace in Alencon.

24. Explore Normandy’s most famous medieval site, the abbey of Mont-Saint-Michel (more information here).

25. Learn the secrets of buerre d’Isigny.

Finally, although Lisieux is on the map, Saint Thérèse is not.  Enjoy this drone tour of Lisieux.